Qui n'a pas un jour eu envie de prendre la route, et de rouler jusqu'au bout de la nuit, porté par ce sentiment de liberté si particulier (dont la seule clé est rose et renvoie ton reflet). Il m'a pour la première fois mené à cette ville pour le moins pittoresque, comme tout droit sortie d'un tableau de peintre flamand. Certes les canaux lui donnent des allures d'italienne, mais son charme ne réside pas là uniquement... C'est bien plus subtil, il faut pour le saisir arriver à cette grand place et goûter à l'effervescence qui y a lieu, ces bars et ces « fritures » qui se font concurrence (charmant n'est-ce pas?), cette langue bien atypique et ces gens bien belges... Il faut ensuite se laisser prendre par les petites ruelles qui s'échappent derrière l'immense beffroi, se laisser happer par l'odeur de sucre candy, et les faire toutes une par une ces chocolateries qui sont là à n'en plus finir, tenter en vain d'apercevoir un lumpa lumpa derrière les vitres des grandes cuisines, et se contenter d'être émerveillé par une ribambelle de petits ours en pain d'épice (>en adopter un !). Puis sous son parapluie longer les canaux, en ayant d'ailleurs l'impression d'avoir les pieds dedans. Et enfin reprendre la route, en goûtant aux joies de l'essuie-glace et des panneaux routiers belges dont le seul but apparent est de garder un maximum d'étrangers.
Quand les feuilles et la pluie tombent, quand le soleil émigre, quand les journées se raccourcissent et que la nuit vient te cueillir de plus en plus tôt, quand tu rentres des cours, un lundi, qui plus est le lendemain de la Toussaint.... une seule chose à faire > prendre un bon livre et s'y plonger (avant de se vautrer sur le chocolat) ! Ma récolte d'automne est la suivante : Jean Giono La chasse au bonheur in Le Bonheur en littérature :
"Tout le monde chasse au bonheur. On peut être heureux partout. Il y a seulement des endroits où il semble qu'on peut l'être plus facilement qu'à d'autres. Cette facilité n'est qu'illusoire : ces endroits soit-disant privilégiés sont généralement beaux, et il est de fait que le bonheur a besoin de beauté, mais il est souvent le produit d'éléments simples. [..]Dès que les sens sont suffisamment aiguisés, ils trouvent partout ce qu'il faut pour découper les minces lamelles destinées au microscope du bonheur. Tout est de grande valeur : une foule, un visage, des visages, une démarche, un port de tête, des mains, une main, la solitude, un arbre, des arbres, une lumière, la nuit [..] le battement d'un coeur, la pluie, le vent, le soleil, le chant du monde, le froid, le chaud, boire, manger, dormir, aimer"...
...un mini trip avec lui *PS : Plus ça vient et plus je me dis que ce "Paris" c'est le monde du paraître. Même sous la grisaille les couleurs sont à bannir, à la rigueur le rouge, couleur très chic... Aller que chacun enfile son beau costume ses belles idées politiques bornées et ses pensées pré-mâchées!
pix > en prélude à Amsterdam, Bruges "la Venise du Nord"? - Je confirme... (M - Je dis aime "Du sphinx dans mon rimeur Paris au fil du coeur Du Nil dans mes veines Dans mes artères coulent la Seine")
Conseil : Lire et écrire au sujet du bOnheur, quand rien n'y a trait autour de soi, ça en donne presque.
pix > en prélude à Amsterdam, Bruges "la Venise du Nord"? - Je confirme... (M - Je dis aime "Du sphinx dans mon rimeur Paris au fil du coeur Du Nil dans mes veines Dans mes artères coulent la Seine")



